"Grâce à un travail de proximité, les associations accèdent aux réalités des jeunes, sur des sujets précis, concrets"

Jeune militante engagée, c’est avec déception et découragement que j’ai accueilli les résultats des élections législatives 2022 et ceux, tout particulier, de l’abstention. Après avoir travaillé un an en tant que collaboratrice parlementaire, notamment sur les sujets d’engagement de la jeunesse, j’ai pu appréhender l’engagement bien réel de la jeunesse qui ne se traduit pas, in fine, par un mouvement vers les urnes. Ces travaux m’ont également permis de comprendre la force des messages insufflés par le milieu associatif auprès des jeunes. Un milieu qui tisse des liens étroits avec les plus éloignés, les plus rebutés par la politique. Grâce à un travail de proximité, les associations accèdent aux réalités des jeunes, sur des sujets précis, concrets.

Alors, tout naturellement, lorsqu’on m’a proposé d’être bénévole pour une ONG qui se bat pour redonner du sens à la démocratie, en sommes, à la politique, je n’ai pas hésité. Me voilà projetée sur le stand de l’association au festival Solidays pour discuter avec les festivalières et festivaliers des mesures qu’ils pensent être les plus urgentes à mettre en œuvre pour redonner du sens au vote. L’idée étant de les faire voter, au jugement majoritaire sur un panel d’inovations démocratiques (comptabilisation du vote blanc, mise à jour automatique des listes électorales, vote par corespondance, à 16 ans, à la proportionelle, vote obligatoire). Bien que n’ayant pas connaissance de tous les enjeux de ces innovations, ils ont été nombreuses et nombreux à s’y intéresser, en interrogeant les membres d’A Voté aussi bien qu’en provoquant une discussion au sein de leur groupe d’amis.

Ayant assistée à ces discussions et débats, je n’ai pas été surprise de l’issu du scrutin : la comptabilisation du vote blanc suivie de près par l’inscription automatique sur les listes éléctorales et le vote par correspondance ont été les trois gagnantes. Un résultat qui avoisine les résultats de plusieurs enquêtes et rapports scientifiques et parlementaires sur la question. Ayant ainsi, d’ores et déjà, engagé une réflexion sur les engagements de la jeunesse ainsi que sur les différentes formes de démocratie participative, j’ai eu la chance de poursuivre et compléter mes recherches théoriques par une action pratique.

J’ai adoré discuter avec ces jeunes et moins jeunes venus de milieux divers, débattre, découvrir leur point de vue (très disparates) sur l’utilité du vote, sur les raisons pour lesquelles ils vont ou ne vont pas voter, répondre à leurs interrogations sur les dispositifs en place et ceux sur lesquels A Voté les a invité à se prononcer. L’accueil des festivalières et festivaliers m’a particulièrement marqué. Si je n’ai enregistré que quelques refus et formes de désintérêt au jeu que nous proposions, les personnes les plus étrangères à la pratique du vote se sont indéniablement impliquées.

Cette expérience fut également l’occasion d’échanger sur le milieu associatif, ses relations avec les décideurs, ses forces et ses carences. Accompagnée d’une équipe dynamique et accueillante, cette première expérience de terrain en tant que bénévole pour A Voté s’est révélée particulièrement enrichissante ! Cette opération et ses répercussions, qui s’additionnent aux diverses mobilisations lors des dernières élections, me conforte dans mon envie de m’engager auprès de l’ONG et dans ses nombreux futurs projets. Plus de 1 000 votants en 3 jours, et parmi eux, plus de la moitié ne se sentant, en amont de l’exercice, pas concerné par le vote : voilà un week-end réussi !