Une démocratie sans électeurs

Parlementaire ou présidentielle, délibérative ou représentative, liquide ou participative, la démocratie donne à chacun la chance de participer au choix des règles qui conditionnent notre vie quotidienne...

Pourtant, la tendance à la participation électorale est, élection par élection, l’illustration d’une désertion des urnes, d’un basculement vers une “démocratie de l’abstention”. Ce phénomène est observable depuis les années 1980 et s’intensifie, tout particulièrement dans les catégories populaires et chez les jeunes. Une démocratie sans électeurs et sans sa jeunesse est-elle encore démocratique ?

Pour que l’abstention ne devienne pas qu’une opinion

L'habitude de la démocratie est si ancrée dans notre inconscient collectif que la célébrer, en cette Journée internationale de la démocratie, peut sembler incongru. La démocratie est pourtant bien plus fragile qu'on ne le croit.

Il suffit, en effet, de se remémorer les étudiants de Hong Kong qui, en 2014, ont défilé et constitué le mouvement de la « Révolution des parapluies ». Comment oublier, en 2020, les rues de New York bondées de pancartes « count every vote ».

Ces mouvements civiques sont la preuve que la démocratie ne relève en rien de l'évidence. Au contraire, elle doit être défendue chaque jour davantage, parce qu'elle constitue pour les citoyennes et les citoyens le meilleur moyen de participer activement à la vie politique et institutionnelle de son pays. Elle est un héritage fragile et vulnérable qui, sans une forte mobilisation, pourrait disparaître dans le silence des bureaux de vote...

 

Défendre les droits civiques et le progrès démocratique

 

La France n’est pas épargnée par les maux de la démocratie. Depuis 40 ans, elle a pris des allures d’apathie. Chaque échéance électorale est l’occasion d’un constat de plus en plus évident : les isoloirs se vident, au point d’en devenir une habitude.